«Il faut jeter les bases d'une grande profession du droit »

 

«Il faut jeter les bases d'une grande profession du droit »

 

 

Interview de Marc Mossé, Directeur affaires publiques et juridiques, Microsoft Fr. Innovation, mais aussi vice-président de l'AFJE, responsable de la communication et des affaires publiques, Marc Mossé est en première ligne du Grenelle du droit qui se prépare.

Affiches Parisiennes : Comment abordez-vous le Grenelle du droit ?

Marc Mossé : En redisant d'abord que le Grenelle du droit n'est pas un colloque de plus. C'est un moment d'action pour générer une plateforme de propositions concrètes destinée à alimenter les décisions des Pouvoirs publics, du Gouvernement et du Parlement.

Nous voulons que ce rendez-vous, en lien avec le Cercle Montesquieu, réunisse tous les professionnels, juristes d'entreprises, avocats, universitaires, chercheurs, consultants, mais également les étudiants en droit, soit un moment d'échanges constructifs, porteurs d'une ambition commune.

"De quelle façon souhaitons-nous concevoir et faire vivre le droit
dans un moment de profondes transformations ?"

Ce Grenelle du droit, nous l'avions annoncé avec Stéphanie Fougou lors de la campagne présidentielle dans le questionnaire que nous avions proposé aux différents candidats. Nous l'avons promis, nous le faisons. Nous considérons qu'il y a urgence à travailler sur le futur de la fabrique du droit en France et en Europe, sur la compétitivité et l'attractivité de notre système juridique et sur la construction d'une filière réunie des professionnels des métiers juridiques, ceux d'aujourd'hui et encore plus de demain.

A.-P. : Comment devrions-nous envisager la compétitivité du droit français ?

M. M. : Nos sociétés sont en profonde transformation et le droit peut jouer là un rôle clé. Pour cela, il faut être résolument offensif. à travers les questions posées et les sujets abordés, nous voulons déterminer la manière de penser la fabrique du droit afin qu'il corresponde le mieux possible aux attentes des citoyens et aux besoins des acteurs que sont les entreprises, les associations, les ONG.

Le droit doit être en prise avec les réalités du monde. La place du droit ira croissante au travers d'une pluralité d'outils, qu'il s'agisse des lois, des contrats, de la soft law, de la médiation… Il sera plus que jamais l'un des instruments essentiels pour appréhender les mutations de notre société et pour apporter des réponses innovantes et pérennes.

Penser le rôle du droit, penser le rôle de la Justice aujourd'hui, c'est penser les nouveaux équilibres nécessaires au bénéfice de tous. De quelle façon souhaitons-nous concevoir et faire vivre le droit dans un moment de profondes transformations avec, à la fois, le besoin de favoriser les innovations et d'inventer les protections et sécurités indispensables.

Quelles régulations intelligentes sans ivresse réglementaire ? Le défi est de trouver le bon équilibre pour répondre à ces enjeux en impliquant l'ensemble des acteurs. Nous devons construire un droit qui soit à la hauteur des enjeux et qui permette à la France et à l'Europe d'assurer la compétitivité et l'attractivité de nos économies tout en donnant du sens. Certains semblent croire que la bataille serait perdue au regard de la place de la Common law. Ils ont torts.

La 4e Révolution industrielle rend possible l'invention d'un droit aux multiples influences, dont résolument celle du droit continental, pour appréhender la globalisation et les questions transnationales. Pour y parvenir, il faut changer de braquet et bâtir une communauté des juristes la plus unifiée possible.

 

Retrouvez l'intégralité de l'interview sur le site des Affiches Parisiennes - http://www.affiches-parisiennes.com/marc-mosse-il-faut-jeter-les-bases-d-une-grande-profession-du-droit-7514.html 


Publié le 27/10/2017