Le juriste d'entreprise et la transformation digitale

 

La transfromation digitale à l’œuvre n’épargne aucune profession et les juristes l’ont bien compris. Big data, machine learning et bien sûr intelligence artificielle forment donc désormais l’horizon des juristes d’entreprise. En réalité, les juristes ont saisi l’importance de s’approprier pleinement ces outils pour ne pas subir les effets de cette évolution déjà amorcée et caractérisée par la combinaison inédite de la disponibilité d’une quantité infinie de données et d’une puissance de calcul formidable. L’AFJE en a d’ailleurs fait un de ses chantiers prioritaires depuis trois ans.

S’il choisit de suivre la stratégie audacieuse de s’approprier des nouveaux enjeux, de se donner les clés pour comprendre et utiliser à son bénéfice, et à celui de ses clients, ces nouveaux moyens, le juriste sera en mesure de devenir un acteur non seulement essentiel, mais surtout incontournable, de ce nouvel environnement.

 

Une opportunité pour les juristes d’entreprise et pour la place du droit dans la société

  • Valeur ajoutée et demande de droit

La nouvelle génération d’innovation à l’œuvre s’inscrit dans une logique disruptive. C’est également vrai sur le marché du droit. Ces évolutions ne vont pas simplement faciliter le travail des juristes, mais bien permettre de modifier substantiellement leur fonction. C’est la chaîne de valeur qui va être modifiée, tout autant que, in fine, la demande de droit.

L’usage de ces outils contribue à faire évoluer le rôle des juristes. On voit de plus en plus d’approches par métiers et disciplines, et la prochaine étape est évidemment une approche du département juridique comme d’un tout, c’est-à-dire une direction modifiant son modèle de services, affinant son approche client et, in fine, adaptant son organisation afin de peser davantage en interne.

 

  • L’enjeu éthique au défi de la modernité

Gunter Anders, dans sa philosophie critique d’une certaine modernité, pointe l’obsolescence de l’homme. Pour lui, la troisième révolution industrielle se caractériserait par le fait que tout ce qui est possible deviendrait une obligation : ce qui peut être fait doit être fait puisque la machine le peut. L’homme perdrait ainsi son humanité, c’est-à-dire sa liberté, sa capacité à agir, sa responsabilité, son rapport à l’être plutôt qu’à l’avoir. La fascination pour le pouvoir des algorithmes ne doit pas nous rendre confit en dévotion face à la puissance des machines. Ce ne serait pas acceptable d’un point de vue humaniste.

C’est particulièrement vrai pour le juriste : la question n’est pas ce qui peut être fait mais ce qui doit l’être. Il est donc logique que la question des exigences éthiques, notamment dans le développement de l’intelligence artificielle, soit largement débattue.

 

  • Adapter la formation des juristes

Le juriste de demain devra comprendre son environnement. La transformation digitale réussie, c’est-à-dire maîtrisée, exige que le juriste dépasse son identité classiquement établie. Cela suppose d’agir sans tarder sur la formation initiale et continue. Ce fut l’une des conclusions les plus fortes du « Grenelle du droit » organisé par l’AFJE et le Cercle Montesquieu, et réunissant l’ensemble des professions du droit, universitaires et étudiants.

L’Université dispense des formations d’excellence. Pour autant, il est urgent de les adapter aux changements en cours et aux aspirations des nouvelles générations. Les jeunes qui entrent à l’Université et les futurs juristes qui en seront diplômés doivent pouvoir s’insérer dans des entreprises où l’expertise seule ne suffit pas à se réaliser complètement.

Se pose, en même temps, la question des compétences des équipes en place. Des formations de base passant par le knowledge management permettent de conserver, de partager et d’enrichir l’ensemble des savoirs et savoir-faire de la direction juridique. Bien évidemment, cela signifie aussi le développement des compétences grâce à des nouveaux outils tels le e-learning ou les MOOC.

 

Lire l'article complet par Marc Mossé - La transformation digitale saisie par les juristes, histoire d’une opportunité à maîtriser

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